Mots du Fondateur

Georges Séraphin : BA.spéc. psycho, EA0, M.éd
Ce projet d’éducation, d’insertion scolaire et sociale dans la Grand’Anse est le fruit de très longues nuits d’insomnie où, bouleversé par ma prise de conscience impitoyable, je scrutais les profondeurs de mes idées à la recherche d’une solution aux problèmes  de la jeunesse et de la veuve de ma région.  Sur le sombre écran noir de ces nuits blanches, je voyais et je vois encore se dessiner le visage  desséché  de ces enfants sans défense, sans parents, sans abri, livrés aux affres de la faim, privés du pain de l’instruction, même d’une lueur d’espoir dans l’incertitude de la vie. La vision de ces femmes, les mains tendues, trop souvent humiliées par l’indifférence des autres, apostrophées par les propos dégradants des privilégiés de la vie; une image que mes larmes  n’effaceront  jamais dans mes souvenirs. Une d’entre elle aurait pu être ma mère et j’aurais pu être un de ces jeunes.


Loin d’un sentiment de culpabilité, je me sens plutôt interpellé par un devoir de citoyen du monde me  disant à moi-même  que peu importe le coin de la planète, un enfant ne doit pas mourir de faim sous notre regard indifférent alors que les miettes de notre table peuvent le nourrir. Il ne doit  pas non plus grandir sans savoir lire et écrire alors que nous avons le pain de l’instruction en abondance. Une mère, peu importe son statut social mérite d’être encadrée, soutenue tant  pour elle que pour sa progéniture.


De ces enfants orphelins, n’y a t-il pas  un génie étouffé ?

Notre statut d’êtres humains nous rend, à ce titre, responsables solidairement de contribuer à soulager le poids de la misère des enfants là où nous pouvons le faire dans leur pitoyable réalité. Comme l’Être Suprême nous a offert la vie dont nous jouissons pleinement maintenant, ne serait-ce pas à sa plus grande gloire et à notre honneur d’aider les enfants démunis à bâtir la leur, du moins à connaître des jours meilleurs.  Donner à manger et à boire à un enfant est  un acte certes louable en soi et à votre honneur, calmant sa faim et apaisant sa soif même temporairement. Toutefois, c’est lui faire la charité en le gardant dans une dépendance où se perd sa dignité. L’éduquer, surtout lui apprendre comment s’en servir, c’est l’enrichir tant pour son bien-être immédiat que pour l’avenir.

« Si ton plan est pour un an, plante du riz. Si ton plan est pour 10 ans, plante des arbres.  Si ton plan est pour 100 ans, éduque les enfants. »   Conficius

Quand j’ai quitté Haïti en 1977.... Ainsi  l'idée m’est venue de créer cette fondation par l'écho de la voix lointaine de ces enfants, dans l'arrière-pays d'Haïti, qui ont faim du pain de vie et de l'instruction, qui ont soif d'un avenir modeste. Ce projet vise, d'une part, l'insertion scolaire des enfants et des jeunes en difficulté avec une formation professionnelle d'un métier pour leur insertion sociale avec la participation de l'autorité parentale et d'autre part l'amélioration de la qualité de l'enseignement et de l'apprentissage dans les districts de la Grand'Anse.


«NE PÉCHONS PAS PAR OMISSION OU PAR INDIFFÉRENCE. NE PAS COMBATRE L’ANALPHABÉTISATION, C’EST EN ÊTRE  COMPLICE»


Merci à mes collaborateurs pour la mise en œuvre de ce  projet et quant à vous  chères lectrices, chers lecteurs, je vous invite à renaître et à vivre, par empathie, comme un enfant démuni pour  apprécier l’aide salvatrice qu’un humain quelque part aurait pu vous offrir.
 
Au nom de la veuve et de l’orphelin !
Soyez partenaires ce projet. 

Mots Du CO-FONDATEUR

Mots d’un co-fondateur  : Michel Riquet DORIMAIN, MTh., M. A., L. LL.
 FGS-ÉDUGAH, un nouveau mot pour nous de cette Grand’Anse plurielle et singulière, multiforme et ondoyante, côtière et interne, urbaine et rurale, montagneuse et valleuse, vaste et restreinte, harmonieuse et rivale, compétitive et solidaire, culturelle et savante, majestueuse et minable, riche et inexploitée, disponible et épuisée, accueillante et réservée.
 
Fondation Georges Séraphin pour l’éducation, l’insertion scolaire et sociale dans la Grand’Anse en Haïti : j’y suis comme co-fondateur et comme membre, en collaboration avec Monsieur Georges SÉRAPHIN et Monsieur Louis P. ANTOINE. Des mentors.
 
FGS-ÉDUGAH ! Mon implication dans cette organisation s’explique surtout pour donner un sens à mon humanité bien temporelle, pour oser modifier et convier à collaborer davantage en vue de changer des statuts infrahumains en des quotidiens plus agréables pour des personnes en difficulté de vivre plus ou moins décemment, des gens dont nous sommes tous et toutes solidairement responsables de leur relatif bien-être.
 
A travers l’éventail d’organismes d’aide au développement durable, la FGS-ÉDUGAH se distingue particulièrement par la facilité de rassembler, pour plus d’efficacité et d’efficience, ce que la philanthropie humaniste, citoyenne et créatrice offre dans son rôle important au soutien et à l’amélioration de la qualité de vie de tant de gens, à la fois, de la communauté humaine, haïtienne et grand’anselaise.
 
La FGS-ÉDUGAH à cette mission de créer et de promouvoir et d’inspirer de nombreux projets dans les secteurs de l’éducation, de la culture, des arts, des services sociaux, de l’environnement, de la santé au bénéfice de jeunes enfants et adolescents en décrochage scolaire et en réinsertion sociale. Notre apport à la communauté est de la faire profiter de l’aimable générosité de personnes physiques et morales attentives à la Grand’Anse dans une perspective de croissance à long terme.
 
La FGS-ÉDUGAH offre, d’abord et avant tout, une option primitive et solide, convaincante et essentielle, pour réaliser des objectifs caritatifs personnels, familiaux ou institutionnels pour contribuer pour toujours aux causes importantes qui nous touchent et que nous voulons littéralement changer. Alors, s’y impliquer est, sans nul doute, une façon de faire histoire, de laisser sa marque aux générations futures et de poursuivre son engagement pour notre communauté.
 
Bref, ce qui guide et motive la FGS-ÉDUGAH au quotidien est d’inspirer la philanthropie, de soutenir pour toujours des causes relatives à l’éducation qui nous tiennent à cœur et d’améliorer la qualité de vie de notre collectivité. Cela permet à des créatrices et à des créateurs de fonds de devenir des bâtisseurs sociaux trouvant, collectivement, des solutions innovantes et garantes pour assurer un effet durable à leurs participations altruistes, pour répondre à gagner des défis sociaux à la fois simples et complexes et, avec le plus d’impacts possibles.

La FGS-ÉDUGAH est à annoncer, à promouvoir, à soutenir selon ses possibilités. Dans nos doutes, dans nos hésitations, dans nos déterminations, le mot du poète est un leitmotiv : «Avance en tâtonnements précis. » C’est de Anthony PHELPS !
 


Mot  du co-fondateur

Louis Presnor Antoine . Diplômé de l’École Normale de Damien, Grand’Anse  Haïti

De nos jours, l’explosion démographique est à son comble. La campagne se vide de son contenu humain. Donc, peu d’ouvriers agricoles. Les écoles, bonnes ou mauvaises, poussent comme des champignons à travers la Grand’Anse. Avant  1954, date de l’ouverture du Collège Saint-Louis de Jérémie, il n’y avait que seul le Lycée Nord Alexis comme école secondaire pour absorber la clientèle venue de nos trois arrondissements de zone avec leurs 12 communes et leurs 48 sections communales; de Pestel aux Irois. En 1804, Haïti comptait 500.000 habitants. En 1950 : 3.500.000 âmes. En 1971 : 4.750.898 de population. En 2017 : on est 10.935.771.


Je veux attirer votre attention  sur le fait que la population augmente à ce taux inquiétant;  la terre cultivable, la couche arable, sous l’effet de la déforestation, est érodée et s’en va vers les ravins et vers la mer. Il s’agit bien de voir ici combien d’habitants vivent par km2. La parole, à nous.


L’année 1946, avec Dumarsais Estimé, a marqué un tournant décisif dans la conception de l’élément de la masse. Contrairement aux époques antérieures, le rêve d’envoyer sa progéniture à l’école afin qu’elle puisse passer d’un stade inférieur à un stade plus ou moins supérieur dans la société a pris forme. Des organisations internationales : l’UNESCO, l’UNICEF, la FAO, la Banque Mondiale etc… se sont mêlées de la partie pour forcer le gouvernement haïtien, vers les années 1970, à mettre sur pied une réforme éducative qui fut confiée à celui dont elle porte le nom Joseph C. Bernard. Ce qui ne fut pas sans inconvénient.
Cette réforme est à l’origine de grands changements dans le système politico-social. Le créole, langue populaire devenue langue officielle à côté du français, est aussi admise comme langue d’enseignement. L’enseignement qui, depuis l’Indépendance, était réservée à une élite puisqu’il était sélectif (car tout au cours de l’année, et surtout à la clôture des classes en juin, les enfants étaient remis à leurs parents) est aujourd’hui à la portée de la masse; le créole aidant, ce qui réduit le taux d’analphabétisme.


Aujourd’hui, vieux et moins vieux, jeunes adolescents et enfants, paysans et semi-paysans, ouvriers agricoles et marginaux etc… réclament leur part du pain de l’instruction que leurs ancêtres, les anciens noirs d’Afrique, les marrons ont légué à tous leurs enfants mais qui est partagé entre une toute petite équipe. Je rêvais d’un changement  et d’une solution pour l’équité en éducation.


En 2009, je venais de trouver une occasion en or lorsque Georges Séraphin me fit part de son projet d’éducation et de son contenu. Depuis, je n’ai cessé d’y penser et d’y réfléchir. Les circonstances n’étant pas encore favorables, la gestation a longtemps duré. Maintenant que les orientations sont définies par une équipe dynamique, j’endosse cette initiative à titre de co-fondateur comme un ferme engagement  pour le renouveau pédagogique dans la Grand’Anse.